L’explication est la suivante, selon Jean-François Ledent, CEO de la société anonyme:“A l’automne 2025, le TEC nous a annoncé qu’il nous céderait le matériel, à savoir le tram, pour lequel il est propriétaire, dès 2027. Pour nous, ce n’était pas une mauvaise nouvelle dans la mesure où nous serions désormais propriétaires d’une partie de la voie et du transport.”
Mais une question s’est posée: puisque le TEC, société publique, était chargé de l’analyse annuelle du tram, quelle société le contrôlerait désormais ? “Nous avons posé la question au SPF Économie. Il nous a été indiqué que ce contrôle devrait être réalisé par un organisme privé, comme pour les parcs d’attractions traditionnels. Il n’en existe qu’un seul. Nous lui avons demandé de faire le point sur le tram, d’indiquer si nous respections les normes.”
À la lecture du rapport, le CEO est tombé des nues. Les normes imposées pour la gestion d’un transport public sont aux antipodes de celle d’un transport devenu privé, comme ce serait le cas ici. “Nous devrions dépenser 4,5 millions€ pour le tram et deux millions€ pour créer la nouvelle boucle du permis reçu en 2023. C’est tellement colossal que c’est… impayable.”
Autre problème: certains dispositifs imposés ne peuvent être installés dans le tram. “Il a plus de 100 ans. Techniquement, il est impossible de placer certains systèmes de sécurité actuels. Il est également exigé de remplacer les chaînettes pour empêcher les visiteurs de sortir par des éléments”pleins” (NDLR: une porte). Avec tous ces changements, notre emblématique tram serait dénaturé. C’est donc pour toutes ces raisons, économiques et techniques, que nous ne réaliserons pas les travaux.”
Un autre rapport alarmant
Le tram aurait pu continuer à rouler jusqu’en 2027, au moment de la cession du matériel par le TEC aux Grottes de Han. “Un autre organisme privé a également analysé la voie ferrée qui nous appartient. Dans son rapport reçu en fin d’année, la société indique qu’il existe des défaillances à corriger d’urgence. Nous avons donc décidé, vu le coût des travaux, pour seulement une année de circulation, de stopper le tram depuis la fin de la saison 2025.”
La conséquence de cette décision, comme l’ont indiqué nos confrères de MaTélé, est sans précédent: trois chauffeurs et deux personnes chargées de l’entretien en CDI ont été licenciés. “Nous n’avions malheureusement pas d’autres postes à leur proposer, ajoute Jean-François Ledent. Nous avons signalé cette décision jeudi aux représentants syndicaux lors d’un conseil d’entreprise avant de l’annoncer aux travailleurs. Ils ne doivent pas prester de préavis et recevront un accompagnement par un organisme externe pour retrouver du travail.”
Une décision similaire a été récemment prise pour l’espace glamping. L’offre de nuitées en tente ne sera plus disponible en 2026. Deux personnes en CDI, ainsi que des CDD, ont perdu leur emploi. “Le cocoon village était une excellente idée durant le Covid. Mais aujourd’hui, l’intérêt pour le glamping a diminué. Raison pour laquelle nous avons également mis fin à ce projet.”
Le CEO insiste sur le fait que le site du glamping sera réinvesti “pour l’inclure dans notre projet nature. D’autres contrats, davantage en CDD, seront également créés grâce à l’inauguration de notre verrière” (NDLR: et nouvelle billetterie).
Une compensation qui ne fera pas oublier pour autant un début d’année pour le moins morose sur le plan humain.
from:www.lavenir.net
published 2026-01-15 22:29:00